Un sobriquet devenu nom de famille
(Article réalisé pour le ChallengeAZ 2026 de Geneatech)
Voila un patronyme qui apparait dans mon arbre à la 10° génération.
Marie Joseph ESTIENET (1666-1743) épouse Philippe GODREAU (1671-1705) en 1692.
Ses parents sont François ESTIENET (1640-1700) et Catherine POREZ (1643-1703).
Geneanet nous donne la définition suivante : Le nom ESTIENET est une variante patronymique et un dérivé direct du prénom Étienne, construit avec un suffixe diminutif ou hypocoristique (affectueux) typique de la langue médiévale.
La racine grecque d’où provient le mot grec Stéphanos (Στέφανος), signifie « la couronne » ou « le couronné ». L’évolution phonétique du latin a d’abord emprunté le nom sous la forme Stephanus. Au Moyen Âge, l’ancien français a ajouté un « E » initial pour faciliter la prononciation et a modifié le son central, donnant naissance à Estienne. Le « s » s’est ensuite effacé en français moderne pour devenir un accent circonflexe (Ét-).
Le nom « Estienet » s’est formé par l’association de la base Estien(ne) et du suffixe -et. Celui-ci était extrêmement courant au Moyen Âge pour désigner « le fils de » ou « le petit » (ex: Michonet pour le petit Michel, Estienet pour le fils d’Estienne ou le petit Estienne).
C’est un nom de baptême devenu héréditaire : à l’époque où les noms de famille se sont fixés (entre le XIIe et le XIVe siècle), on a désigné les descendants d’un homme influent ou populaire nommé Estienne par ce diminutif.
Le succès de la racine Estienne / Étienne à travers l’Europe découle de la popularité de Saint Étienne, le tout premier martyr du christianisme (le protomartyr), mentionné dans les Actes des Apôtres. C’est ce qui explique la présence massive de cette famille de noms sous des dizaines de variantes régionales (Estève, Estéban, Estienney, Estienny, etc.).
La famille ESTIENET de mes ancêtres habitait Saint Souplet dans le Nord.

Dans cette zone du Cambrésis, aux confins de l’Aisne, la présence du nom ESTIENET s’explique par plusieurs facteurs historiques locaux.
Alors que de nombreuses variantes d’Étienne en -et ou -ey se sont installées dans l’Est (comme la Haute-Saône ou le Doubs), la forme Estienet (ou parfois orthographiée Estiennez) a formé une véritable spécificité du Cambrésis très localisée dans l’arrondissement de Cambrai, incluant le secteur de Saint-Souplet et Le Cateau-Cambrésis. Au Moyen Âge, la région parlait le picard, une langue d’oïl où l’usage des diminutifs affectueux en -et pour les prénoms était particulièrement ancré.
Saint-Souplet possède une histoire territoriale de frontières qui a fortement marqué les familles locales. Avant la Révolution, le village dépendait de l’Abbaye de Saint-André du Cateau. De plus, le village voisin d’Escaufourt (qui a fusionné avec Saint-Souplet en 1973) était une enclave de l’Aisne.Les familles de cette zone, comme les Estiennet, bougeaient beaucoup sur cet axe entre le Nord et l’Aisne, travaillant majoritairement dans deux secteurs clés de l’époque, Le textile et L’agriculture : Saint-Souplet a été un grand centre de tissage (les tisserands ou « mulquiniers ») et de culture de la terre et du travail saisonnier.
Marie Joseph ESTIENET (1666-1743) mon ancêtre à la 10° génération est née vers 1666 et s’est mariée 2 fois avant de décéder le 21 Mai 1743 à St Souplet.
Son premier mariage a lieu le 7 Novembre 1694 avec Philippe GODREAU (1671-1705) mon ancêtre.

Son second mariage intervient 7 mois après le décès de son premier mari à 34 ans. Elle n’a alors pas 40 ans et se retrouve avec 3 enfants agés de 10 ans, 2 ans et 2 mois.
Son second mariage a lieu le 9 Février 1706 à St Souplet avec Pierre BISEAU (1682-1764) un homme plus jeune qu’elle. Ce mariage de raison était il aussi un mariage de coeur ? Bien souvent à cette époque, les femmes n’avaient d’autre choix que de trouver leur survie dans un nouveau mariage pour leur permettre de nourrir ses enfants.

Il ne semble pas que ce nouveau couple ait eu des enfants. Le nouveau mari a sans doute remplacé le papa géniteur dont les petits de Marie Josèphe n’ont pas pu profiter. Le couple élèvera ensemble les enfants de Marie Joseph. Pierre BISEAU survivra à Marie Joseph qui s’éteint à l’age de 76 ans.

Jean Philippe GODREAU (1705-1716) le petit dernier âgé de 2 mois au décès de son père décédera à l’age de 10 ans.
Marie Marguerite GODREAU l’ainée (1695-1773) est restée vivre à St Souplet et se mariera avec Jean Baptiste DELHAYE (1694-1782).
Honoré GODREAU (1703-1785) mon ancêtre, restera aussi à St Souplet et se mariera avec Marie Madeleine LEFEBVRE (1706-1774). Sa descendance ira jusqu’à Troisvilles à 8 kilomètres de Saint Souplet avec Edouard OLIVIER (1851-1933) mon arrière grand-père.
