Bien avant les camions, une grande part des marchandises voyageait par l’eau. Le batelier, ou marinier selon les usages et les régions, conduisait des bateaux sur les fleuves, les rivières et les canaux. Son métier faisait des voies navigables de véritables chemins de travail.
Transporter au fil de l’eau
Grains, charbon, bois et matériaux de construction trouvaient place à bord des embarcations. Leur forme et leur capacité dépendaient du cours d’eau, des ouvrages rencontrés et de la période. Le batelier devait connaître les courants, les hauts-fonds, les ports et les lieux où s’arrêter.
Les moyens de déplacement étaient variés : courant, voile lorsque les conditions le permettaient, perche, halage humain ou animal depuis la berge. La navigation mécanique a ensuite transformé les pratiques. Il ne faut donc pas imaginer tous les ancêtres bateliers à bord d’une péniche motorisée identique à celles du XXe siècle.
Une vie rythmée par les voyages
Charger, arrimer, manœuvrer, franchir les ouvrages et surveiller le bateau demandaient de l’attention et de la force. Crues, basses eaux et gel pouvaient interrompre un déplacement. Les revenus dépendaient des transports obtenus autant que de la possibilité de naviguer.
Selon les situations, la famille pouvait participer au travail et vivre à bord. D’autres bateliers conservaient leur résidence à terre. Cette diversité explique pourquoi les actes d’une même famille se rencontrent parfois dans plusieurs communes éloignées.
Dans les archives de nos ancêtres
Pour suivre un batelier, il est utile de relever le nom du bateau lorsqu’il est indiqué, les ports fréquentés, les domiciles et les témoins des actes. Les mentions « marinier », « patron » ou « ouvrier batelier » apportent des nuances, sans toujours suffire à établir la propriété de l’embarcation.
Les registres d’état civil des communes riveraines, recensements et fonds de navigation peuvent compléter la recherche. Dans le Nord, les canaux constituent un fil conducteur pour reconstituer les déplacements, à condition de vérifier leur existence à la date étudiée.
Pour approfondir : Musée de la batellerie et des voies navigables de Conflans-Sainte-Honorine.
