Un petit coin de paradis
(Article réalisé pour le ChallengeAZ 2026 de Geneatech)

Bosas est un hameau discret qui se trouve à Désaignes sur la route qui relie Désaignes à St Agrève.
C’est un hameau qui est resté longtemps oublié avant l’arrivée d’une route en 1933 qui rejoint Valence au Puy. On y accédait auparavant seulement par des chemins en terre et sans doute quelques sentiers.
Discret, il l’est resté en restant en retrait de l’axe routier. On entre à Bosas par un petit chemin et on accède aux 9 maisons qui le compose.
Bosas tient son nom de l’occitan « Bosa » qui signifie Bouse. Terre agricole depuis toujours, on comprend que l’activité de ce lieu était l’élevage et le pâturage des bêtes.

Nos ancêtres directs n’ont jamais vécu à Bosas. Alors pourquoi faire un article sur le lieu ?
Parce que c’est un endroit remarquable. L’Ardèche a toujours été une terre d’accueil, que ce soit pour les orphelins et enfants abandonnés de Lyon que l’on plaçait à la campagne dans des familles, ou pour les familles bourgeoises de Valence et de Lyon qui cherchaient des lieux sains pour faire allaiter et grandir leurs enfants. Les résistants ont aussi trouvé en 1944 en Ardèche, une population bienveillante et accueillante toujours prompt à les aider et à les cacher. De même que Le Chambon sur Lignon a été une terre des Justes, St Agrève et Désaignes ont été des villages reconnus pour leur action à cacher des enfants et des familles pendant la guerre.
C’est à Bosas que j’ai trouvé la maison qui me permet d’être un point de rayonnement dans l’Ardèche de mes ancêtres. En m’installant dans ce hameau, j’ai gagné la tranquillité que je cherchais, la sympathie et la gentillesse de nombreux voisins qui me racontent l’Ardèche.
La maison idéalement placée, raconte une histoire et est dotée d’un cimetière. Plusieurs maisons voisines sont aussi pourvues de cimetières. Des noms figurent sur les stèles et m’ont permis de comprendre qui vivait ici auparavant. Remonter la vie de ces personnes protestantes qui ont par la contrainte des guerres de religion, été inhumées sur leurs terres, puisque les catholiques les empêchaient d’être enterrées au cimetière du village.
La terre est riche des noms VALLA, FERRATON, SOUBEYRAND, MOUNIER, VERILHAC, COULAUD, ROCHE, EXBRAYAT et SENECLAUZE.
Je ne pensais pas en arrivant, que j’allais aussi trouver les noms d’ancêtres au alentours en remontant ma généalogie.
Les noms de mes ancêtres de Désaignes sont CHABANES, BALTHEZAR, GERVY, REBOULET, MOURIER, MOUNIER, CHIROL, MOLINES ou GAY. Quelques connexions se sont alors faites avec les gens du village.

La terre est aride et le relief souvent escarpé laisse à penser que nos anciens ont du travailler dur pour maitriser la terre, afin de nourrir leurs familles. Les bois sont verdoyants au printemps et offrent en automne, en plus d’un paysage magnifique de couleurs, des champignons et des châtaignes.
La châtaigne est le fruit qui représente le plus l’Ardèche. Le fruit est partout. Il est difficile à cueillir et il faut le sortir d’une bogue piquante qu’il faut maitriser. Le fruit est là. Mais il faudra enlever une première peau épaisse avant de pouvoir en gratter une seconde afin de voir le fruit comestible. Ça y est, on peut déguster la châtaigne qui offre les saveurs de la nature. La châtaigne se mérite comme l’Ardèche se mérite.
L’Ardéchois est selon ma vision comme la châtaigne. Il est à l’image de son fruit fétiche, il faut de la patience pour franchir sa bogue de réserve et ses peaux de pudeur. L’effort en vaut vraiment la peine car on découvre, une âme d’une générosité et d’une fidélité absolues.
Bosas est un petit paradis sur terre, mon paradis.

