
Le pays de Beaurevoir est situé dans la partie de la Gaule devenue la Haute-Picardie, aux confins du Vermandois et du Cambrésis.
Beaurevoir est situé à 20 Kms au Nord de Saint Quentin dans une plaine accidentée et entourée de bois.
Entouré par les communes de Estrées, Gouy-et-Montbrehain, Beaurevoir et Villers-Outréaux la plus grande ville des environs.
La commune est proche du Parc Naturel Régional de l’Avesnois.
La ville dépend du diocèse de Cambrai et la plupart des seigneurs de Beaurevoir se font inhumer dans la cathédrale.
Différents écrits font mention des seigneurs de Beaurevoir :
En 1058, Alielme de Beauvoir, cité dans un diplôme du roi des Francs Henri Ier (1008/1060) ;
En1087, Hugues de Beauvoir ; Baudouin de Beaurevoir
En 1161, Aldo de Beaurevoir, chevalier
En 1178, Mathieu de Beauvoir
De 1178 à 1202, Baudoin de Beaurevoir, seigneur de Beaurevoir et Wailaincourt.
En 1202, Baudoin de Beaurevoir dit Buridan
En 1217, Manassès de Beaurevoir ;
En 1227/1262, Riboald de Beaurevoir
En 1231, Mathieu de Wallaincourt ; Pierre de Tombes ;
En 1243, Pierre II de Tombes
En 1274, Jean de Beaurevoir
En 1293, Jacques de Beaurevoir, chevalier.
Le domaine devient, dans la seconde moitié du XIIIème siècle, la possession de la branche française de la Maison de Luxembourg.
Vers 1270, Jeanne de Beaurevoir, épouse du comte Waléran Ier de Luxembourg (1245/1288) qui devient par mariage, le premier Luxembourg, seigneur de Beaurevoir. Résidant souvent à Cambrai et fort occupé par la guerre, il n’a pas la possibilité de fortifier Beaurevoir. Il meurt au combat de Woringen près de Cologne. Le château entre alors dans la maison des Luxembourg-Limbourg. Son fils Waléran II, comte de Luxembourg (1275/1354) est seigneur de Ligny, Roussy et de Beauvoir de 1288 à 1354, il s’occupe activement de Beaurevoir et y réside en permanence. Un édifice assez puissamment fortifié existe au tout début du XIVème siècle. Il est vraisemblablement le constructeur de l’enceinte fortifiée, première ébauche du futur château fort. En 1310, il cède la gouvernance et la capitainerie de son castel en échange de quelques terres. En 1314, à 40 ans, il fonde avec son épouse Guyotte, quatre chapelles à Beaurevoir. En 1348, la branche aînée de la Maison de Limbourg, représentée par les comtes de Berg s’éteint, et Waléran II obtient de son cousin, l’empereur du Saint-Empire Germanique, Charles IV de Luxembourg (1316/1378) le droit de reprendre leurs armoiries.
En 1330, Jean 1er de Luxembourg (1300/1364) succède à son père Waléran II, il est châtelain de Lille, seigneur de Ligny, de Beauvoir et Roussy de 1354 à 1364 ; en 1364, Guy de Luxembourg (1340/1371), comte de Ligny et de Saint-Pol, seigneur de Roussy et de Beaurevoir de 1364 à 1371, époux de Mahaut de Châtillon (1335/1378).
De 1371 à 1415, Waléran III de Luxembourg (1355/1415) entre au service du roi Charles V dit Le Sage (1338/1380), tombe entre les mains des Anglais et, pendant sa captivité, épouse en 1380 Mathilde de Holland, puis veuf, il se remarie en 1393 avec Bonne de Bar. En 1396, le roi Charles VI le charge de négocier la paix à Londres et le nomme gouverneur de Gênes en 1397. Pendant la démence du roi, le duc de Bourgogne, dont il est un partisan dévoué, lui fait donner la grande maîtrise des eaux et forêts, puis en 1410 le gouvernement de Paris et en 1412 la place de connétable. Il établit à Paris la milice des Écorcheurs, et bat plusieurs fois les Armagnacs en Normandie. Il doit quitter Paris avec le Parti Bourguignon en 1413 et meurt peu après.
De 1415 à 1441, Jean II de Luxembourg (1392/1441) comte de Guise de 1425 à 1441 et de Ligny-en-Barrois de 1430 à 1441. Au service du duc, Philippe III de Bourgogne? dit le Bon (1396/1467), il est nommé gouverneur d’Arras en 1414. En 1418, il délivre Senlis assiégé par les Armagnacs. Il est gouverneur de Paris de 1418 à 1420. Puis il se tourne vers la terre de Guise, seigneurie autrefois tenue par la Famille de Châtillon, comtes de Saint-Pol, dont Jean, descendant de cette Maison, revendique la possession. Il se fait confirmer ses droits par le duc de Bedford, Jean de Lancastre (1389/1435, portrait de gauche), régent de France au nom de son neveu le roi Henri VI d’Angleterre (1421/1471), et prend le château en 1425.
En 1430, il défend Compiègne que Jeanne d’Arc tente de prendre et la fait prisonnière est transférée du château de Beaulieu au château de Beaurevoir, elle y sera enfermée environ 3 mois et demi et tentera dé s’y échapper, avant de la livrer aux Anglais pour la somme de 10.000 livres tournois.


La Tour dite de Jeanne d’Arc est une tour de guet de l’ancien château devenue ensuite moulin
En 1435, il refuse de signer le traité d’Arras qui met fin au conflit franco-bourguignon. Il meurt alors que le roi Charles VII (1403/1461), est sur le point de le mettre au pas en lui confisquant ses possessions, qui sont rendues à titre viager à son neveu et héritier Louis qui suit.
En 1441, Louis de Luxembourg-Saint-Pol (1418/1475), comte de Brienne, de Conversano et de Saint-Pol de 1433 à 1475, de Ligny, de Guise, de Marle et de Soissons, devient l’ami du dauphin, le futur roi Louis XI (1423/1483) et combat les Anglais en Flandre et en Normandie. Il entre dans la Ligue du Bien Public en 1465 et commande l’avant-garde du comte de Charollais, Charles de Valois-Bourgogne dit plus tard Charles le Téméraire (1433/1477) à la bataille de Montlhéry, obtient au Traité de Conflans le titre de connétable, épouse Louise de Savoie, et se fait donner le comté de Guînes et la seigneurie de Novions. Le roi d’Angleterre, Édouard IV (1442/1483) livre à Louis XI la correspondance du connétable. Il est condamné à mort par le Parlement de Paris et décapité sur la place de l’Hôtel de Ville à Paris. Ses biens sont confisqués et certaines seigneuries, comme Beaurevoir et Ham, sont données par le roi à la Famille Rohan. Pourtant après de nombreuses disputes, Marie de Luxembourg (1472/1547) héritière et petite-fille de Louis, rentre en possession de Beaurevoir et de Ham, où elle habite.
A la fin du XVème siècle, on trouve encore ; Jean IV de Luxembourg ; Jacques de Longeval, grand bailli du Vermandois. Puis suit de 1503 à 1515, Philippe de Longeval, grand bailli de Vermandois.
La terre de Beaurevoir revient enfin entre les mains de Marie de Luxembourg, épouse en 1ères noces de son oncle Jacques de Savoie (1450/1486) et en secondes noces de François de Bourbon (1470/1495), comte de Vendôme, devenant ainsi l’arrière-grand-mère du roi Henri IV. Par ce mariage la forteresse passe à la Maison des Bourbon, c’est-à-dire à la Maison de France. A la mort de son second mari, elle prend la tutelle de ses enfants et gouverne le comté de Vendôme, dont elle a l’usufruit, jusqu’à sa mort. En 1539, elle donne les terres de Beaurevoir à son fils Charles de Bourbon-Vendôme.
Au XVIème siècle, la terre appartient à Jeanne III de Navarre dite Jeanne d’Albret (1528/1572) reine de Navarre et mère du roi Henri IV ; en 1594, le roi Henri IV en hérite et la vend aumaréchal Jean de Monluc de Balagny (1545/1603) ; Ensuite, René IV de Mailly (1610/1695) marquis de Nesle, achète la terre.
Le maréchal de France, Jean de Montluc de Balagny (1545/1603), seigneur de Balagny, prince de Cambrai, à la fin de la Ligue (1598), exécute des mutins de la garnison du château de Beaurevoir, coupables d’avoir crié Vive Henri IV ! en les faisant jeter du haut des remparts.
1° Lignée :
Nos Ancêtres nés à Beaurevoir apparaissent vers 1670 avec Michel LEDUCQ (1668-1703). Le nom LEDUCQ est largement porté dans les départements du Nord et de l’Aisne. Titre de noblesse utilisé soit comme sobriquet, soit pour désigner celui qui exploitait des terres appartenant à un duc, soit encore pour nommer celui qui était ou avait été au service d’un duc. Nous avons peu d’information de cette époque, les actes étant absents à Beaurevoir avant 1692;.
Son fils Antoine LEDUCQ (1685-1740) serait né vers 1685 à Beaurevoir ainsi que son épouse Françoise PAIRÉ (1685-1734) qu’il épouse vers 1708 en premières noces. Il est meunier à Beaurevoir.

Moulin de Beaurevoir sur un promontoire-1836-Dessin au Crayon noir repassé à la plume encre sépia
Antoine est inhumé dans le cimetière de Somescaut.
Le moulin à vent en bois ainsi que la ferme et la chapelle de Somescault ont disparus. On voit le moulin sur la carte de Cassini (vers 1750). Somescault ou Fontaine de Somescault dont le nom apparaît en 1531 vient d’anciennes sources de l’Escaut dont les eaux se jettent dans le Canal des Torrents.

Leur fils Antoine LEDUCQ (1709-1788) né vers 1709 à Beaurevoir, épousera Marie Louise ANCELIN (1709)1743) fille de Gabriel ANCELIN et Marguerite BERTRY, dont les familles sont probablement originaires de Beaurevoir.
En 1720, le marquis François Armand de Caulaincourt (1690/1734) achète la terre et agrandit le domaine.
Leur fille Marie Anne LEDUCQ nait en 1738 à Beaurevoir épouse de Nicolas BOITELLE, père de Marie Anne Véronique BOITELLE
2° lignée :
Autre lignée de Beaurevoir, Michel LEVEQUE (1700-1736) et Anne MERELLE 1702-1758) auront une fille Marie LEVEQUE qui se marie en 1753 avec Philippe Jean BOITELLE d’Estrées, fils de Nicolas BOITELLE.
Leur fils Pierre Louis BOITELLE né en 1757 à Beaurevoir se marie avec Marie Anne Véronique BOITELLE de Joncourt, sa cousine germaine.
Leur fille Marie Louise Gabrielle BOITELLE épousera Léopold Joseph DUMOULIN arrière grand père de Georges COMIEN mon grand père.