SELVIGNY
1655-1705
De notre ancêtre nous pouvons lire ces quelques lignes tirées du registre paroissial des Décès de Selvigny.
« Le 22éme May 1705 est décédé Laurent COMIEN agé d’environ cinquante ans le corps duquel repose dans le cimetière ».

De ces 4 lignes laconiques, nous pouvons toutefois noter plusieurs choses.
Laurent est mort jeune, bien que l’âge moyen des décès à cette époque pour un homme en bonne santé soit entre 55 et 60 ans.
Aucun témoin n’est mentionné sur cet acte de décès. Il est vrai que certains curé mentionnaient peu d’information sur les actes. C’était le cas de celui de Selvigny. Il est pourtant père de quatre enfants encore vivants à son décès et s’est remarié l’année précédente avec Marie Madeleine BONNEVILLE agée de 25 ans de moins que lui.
Laurent a eu une vie bien remplie. Il s’est marié à 2 reprises, aura 5 enfants et aura passé toute sa vie à Selvigny.
Né vers 1655 peut être à Selvigny, nous n’avons pas d’actes à Selvigny avant 1675. Il a probablement une soeur Laurence née vers 1656.
Il se marie tardivement à 31 ans environ en 1686 avec Anne GODELOT qui a dix ans de moins que lui. Leurs témoins sont Nicolas FOVEAU qui signe de nombreux actes à cette époque dans le village et Crespin GODELOT qui est probablement le frère d’Anne.

Anne décède avant 1704 à 39 ans laissant 4 enfants.
On ignore la profession de laurent mais il est probable qu’il soit cultivateur.
A 49 ans il se remarie donc avec la jeune Marie Madeleine BONNEVILLE. Le contrat de mariage est présent au Tabellion de Cambrai (2 E 26 / 227) et a été transcrit par Marc Maillot. Il nous apprend les faits suivants.
Le père de Marie Madeleine, André BONNEVILLE en terme de dot, s’engage à bâtir à ses frais la moitié d’une maison « faite de bons murs et de 14 pieds de creux (une hauteur verticale de 4,55 mètres) » à Caullery sur la ruelle MESSIOT (la rue n’existe plus) sur un terrai dont il est propriétaire durant le mois de Mars 1705. Laurent COMIEN doit construire la seconde moitié de la maison à la même date.
De plus André BONNEVILLE assigne à chacun des enfants de Laurent pour leur droict de formoture tant paternelle que maternelle la somme de trois florins payable lorsqu’ils prendront état honorable. Sous l’Ancien Régime l’état honorable fait référence à la dignité sociale et juridique d’un individu ou d’une profession, se situant au sein de la bourgeoisie supérieure (officiers de justice, avocats, marchands notables) qui, sans appartenir à la noblesse, jouit d’une considération publique et de privilèges spécifiques.
A cette époque, 3 florins équivalaient à environ 4 à 6 jours de travail pour un ouvrier agricole ou un artisan du bâtiment.
On ne sait pas si la maison a été construite et s’il a pu en jouir avec son épouse puisque Laurent meurt le 2 Mai 1705, 2 mois seulement après la date présumée de la construction.
Une semaine après son décès intervient le 28 mai 1705, une vague de froid intense qui frappe le nord de la France avec un gel sévère qui détruit alors la majeure partie des cultures.
Laurent laisse 4 enfants de 18, 13, 9 et 4 ans. Seront ils élevés par Marie Magdeleine ? On perd sa trace et n’avons aucune information sur elle à partir de cette période.
Ses enfants se marieront et resterons à Selvigny sauf Laurent le benjamin.
Jean, l’ainé restera à Selvigny et épousera Jeanne LENGLET en 1717 à Selvigny.
Marc, le cadet semble être resté célibataire et décédera en 1724 à Selvigny.
Laurent, notre ancêtre (voir sa fiche) ira faire sa vie à Beauvois à environ 8 kilomètres. Il aura 5 fils et va assurer une belle descendance.
Jeanne Marguerite la dernière épousera Jacques BEGUIN en 1728 et Gabriel GONTIER en 1731 et restera à Selvigny.
On ne sait pas non plus si les enfants on atteint l’état honorable et si ils ont perçus leurs 3 florins.